Des yeux d'un marbre vert émeraude

À la surface de deux lacs gelés,
Agonisaient de blancs reflets de lune
Si troubles que les ires de Neptune
Semblaient comme sous la glace celés.

Et sous l'hæmorrhagie du crépuscule,
Les lacs, ces deux miroirs de marbre vert,
S'obombraient, révélant dans l'œil ouvert
Une pupille noire et majuscule.

Cerclant ce tourbillon fuligineux,
L'eau vive de l'iris semblait noiraude ;
Elle perdait son pur éclat d'émeraude
Pour adopter un aspect laguneux.

Sous l'empyrée, des reflets d'obsidienne
Brillaient dans la grisaille du regard.
Face à elle je demeurais hagard.
Mais il fallut qu'une rupture advienne :

De moi, un mot fin, un jeu d'esprit ;
Et un rire la prit.
Par la lune linéamentées,
Ses lèvres argentées
Ouvrirent mon penser ;
Ces yeux d'un marbre vert émeraude
Brillant dans la nuit chaude,

Ce n'étaient pas eux que je rêvais d'embrasser.